
Cette nuit, j’ai rêvé que j’étais Marie-Madeleine à deux moments bien distincts de sa vie, avant et après la crucifixion de Jésus. Je vous raconte son histoire.
Ce matin je me suis réveillée en pleurs, le cœur lourd.
J’avais été Marie-Madeleine au temps de la crucifixion de Jésus.
Mon rêve commence par les dernières recommandations de Jésus à ses disciples.
Ce n’est pas la Cène, nous ne sommes pas non plus après, dans le jardin des Oliviers, mais dans la rue. Une rue pavée.
Je vois un petite grappe d’hommes devant moi qui écoute attentivement les dernières recommandations du Christ. Puis Jésus prend congé en leur disant qu’il doit maintenant prier.
Tout cette scène se passe devant moi, je suis une spectatrice en arrière-plan.
Je vois donc Jésus se retirer dans un renfoncement entouré de murs comme une sorte de cellule mais il n’a pas de porte. Ce renfoncement est donc ouvert sur l’extérieur, certainement pour permettre à la rêveuse que je suis de voir à l’intérieur.
Là, Jésus tout seul, se recroqueville et se met à prier. Il est déjà le Christ de pitié ou le Christ aux liens.

Je ne suis pas concernée, comme les autres disciples, par les dernières recommandations du Christ mais je comprends instantanément tout ce qui se joue.
Au fond de mon âme, je sais que nous en sommes au dénouement de toute la vie de notre Seigneur sur Terre, que c’est la fin.
La douleur m’étreint, je suffoque, je suis dans un état second. Je n’habite plus mon corps. Nauséeuse, étourdie, je suis dans un état de flottement.
Il est connu que certaines femmes subissant un viol, voient leur âme se détacher de leur corps. Devant la violence de l’acte, le cerveau pour se préserver, adopte une défense psychique : la personne n’habite plus son corps, elle est comme étrangère à elle-même.
C’est exactement ce que Marie-Madeleine est en train de vivre. Je le vis à travers elle.
Devant la violence de cette nouvelle, la violence de cette prise de conscience, qu’elle ne veut et ne peut pas accepter, Marie-Madeleine sent le sol s’effondrer sous ses pieds.

Mais ensuite je vois qu’elle se ressaisit, qu’elle part à l’action. Elle refuse catégoriquement le destin tragique de son divin maître.
Je la vois rencontrer une personne influente afin de prêcher la cause de Jésus, afin qu’il ne soit pas condamné. Qu’ils épargnent sa vie !
Puis, au moment de cette rencontre avec ce personnage important, je pense en mon for intérieur (en tant que rêveuse) : « on en revient toujours aux puissants. »
Ici se termine la première partie de mon rêve. Jésus est encore vivant, tout prêt à être arrêté.
Dans ce rêve, Marie-Madeleine ne vit pas la Passion du Christ c’est-à-dire son arrestation, sa montée au calvaire puis sa crucifixion. Cet épisode effroyable et si douloureux m’a certainement été épargné.
Dans la deuxième partie de mon rêve, je vois Marie-Madeleine à deux périodes bien distinctes de sa vie :
- quelques années après la mort du Christ ;
- et des décennies après la mort du Christ.
Quelques années après la mort de Jésus-Christ
Dans le premier épisode de cette deuxième partie de rêve, je suis avec un autre disciple, nous reprenions nos projets avant la venue du Christ. Ce projet consistait en la construction d’une ville.
A l’idée de reprendre ce projet, ma vie d’avant, je me mis à pleurer abondamment et me tournant vers ce disciple je lui dis : « c’est comme si Il n’avait jamais existé. »
Face à mes pleurs, et en soupirant, il me répondit : « mais cela fait déjà 5 ans. »
Je ressentais que ma peine était toujours aussi vive, comme si le Christ était mort juste hier. Mon chagrin ne s’était pas apaisé malgré les années. Je n’avais rien oublié.
Trente ans après la mort du Christ

Dans le deuxième épisode de cette seconde partie de rêve, j’étais plus vieille, j’expliquais à un jeune disciple, curieux de mon savoir, le déroulement concret du deuil 30 ans après la mort du Christ.
Je lui expliquais que le deuil s’opérait par cycle de 10 ans. Tous les dix ans, une sorte de déclic se faisait, un palier était franchi et la douleur s’estompait.
Mais il me semblait que cette douleur s’estompait à peine puisque je me réveillai en pleurs.
La respiration lourde, engourdie, je me touchai les yeux, oui j’avais bien pleuré. Le chagrin que j’avais ressenti était bien réel.
Je compris ô combien Marie-Madeleine n’avait jamais fait le deuil de la perte de Jésus dans sa vie. Elle ne s’en était tout simplement jamais remise.
Tout au long de son pèlerinage terrestre, elle conserva un cœur déchiré et broyé. Sa plaie, sa blessure d’amour ne se sont jamais refermées.
